Politique & social

À Thionville Fensch Agglomération, les « blessures sidérurgiques deviennent des atouts formidables »

Il n’y a pas que les scolaires qui font leur rentrée, mais c’est aussi le cas des politiques. Une conférence de presse était organisée par Thionville Fensch Agglomération (TFA) ce mardi 8 septembre 2026. L’occasion de faire le point sur la première demi-année de vie de l’intercommunalité, mais surtout de parler d’avenir. Et, comme le veut l’histoire du territoire, le passé sidérurgique n’est jamais bien loin. 

Comme d’habitude Pierre CUNY, président de TFA, et Michel LIEBGOTT, 1er vice-présidente de TFA, ont alterné les prises de parole. (Michel LIEBGOTT, à gauche, et Pierre CUNY, à droite).

Longtemps perçues comme une contrainte après la fermeture des mines, les eaux d’exhaure, à l’origine pompées pour éviter les effondrements, représentent désormais une « richesse formidable », comme l’explique Pierre CUNY, président de TFA. « C’est vrai que ça a été source d’affaissements miniers, de craintes sur ce que deviendraient un certain nombre de villages et de villes, et aujourd’hui elle devient une réserve précieuse », ajoute-t-il.

La ressource qui dormait dans les sous-sols de la mine Ferdinand est désormais mise à profit depuis quelques mois. « Elle est exploitée dès maintenant, elle est simplement mélangée à l’eau circulante », précise le président de TFA. Néanmoins, pour résoudre le « problème de la dureté et du calcaire » qui affecte sa qualité, la collectivité va construire une usine de décarbonatation. Prévue pour fin 2028 à début 2029, l’infrastructure permettra de ramener la dureté du calcaire à moins de 30 degrés.

Alors que certains territoires de Moselle pourraient manquer d’eau de manière régulière à l’avenir, Thionville Fensch Agglomération pourrait venir en aide à ses voisins. « Il nous faudra opérer dans une logique de solidarité », affirme l’élu qui promet que le « territoire thionvillois est devenu totalement autonome en eau ». Des échanges sont déjà engagés avec la Communauté de Communes de Cattenom et Environs (CCCE) ainsi qu’avec le Pays Haut pour établir des interconnexions de réseaux.

Construire l’avenir sur le passé avec les friches

Les friches elles aussi sont au cœur des projets. Avec les exigences réglementaires imposées par le « zéro artificialisation nette » (ZAN) à l’horizon 2050, les anciennes friches industrielles constituent désormais un gisement foncier de premier plan. « Nous avons plus de 350 hectares de friches aujourd’hui entre le Val de Fensch et puis le territoire thionvillois, ce sont des opportunités formidables pour notre territoire », souligne Pierre CUNY. Cette continuité géographique et ces défis partagés ont d’ailleurs motivé la fusion des deux intercommunalités.

Le Projet Partenarial d’Aménagement (PPA) du Val de Fensch, signé le 24 mai 2024, encadre déjà la reconversion historique de 165 hectares de friches industrielles sur les communes de Hayange, Serémange-Erzange et Florange. 12 partenaires, dont l’État, la région, l’Établissement Public Foncier Grand Est, Voies Navigables de France, la SNCF et les communes concernées sont actuellement en train de piloter la reconversion aux côtés de TFA.

Sur le site emblématique du haut-fourneau U4 à Uckange, plusieurs projets sont dans les cartons, hors de la valorisation du patrimoine et de la possible création d’un espace dédié aux arts numériques. L’agglomération veut porter le développement d’un campus universitaire pour accompagner le nouvel écosystème axé sur le numérique qui devrait émerger autour du Digital Lab et du centre MetaFensch. Un syndicat universitaire va d’ailleurs voir le jour à Thionville Fensch Agglomération et devrait aider ces politiques à voir le jour.

« Ce que nous allons examiner, c’est tout d’abord le désenclavement ferroviaire », explique Michel LIEBGOTT, rappelant la présence de 200 km de voies ferrées internes à restructurer pour « abattre les murs qui séparent la ville de l’usine ». Le projet intègre également une forte dimension environnementale. « Il y a des projets de renaturation de la Fensch L’objectif que nous nous fixons, c’est d’en faire une vitrine écologique », détaille-t-il.

« Les blessures sidérurgiques deviennent des atouts formidables », résume Pierre CUNY. Retrouvez ici ses explications sur les projets en cours :

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